Projet SIRH : ce qui fait échouer, et ce qui fait tenir
Les projets SIRH échouent rarement sur la technique. Ils échouent sur le périmètre, sur la reprise des données, et sur l'adhésion des utilisateurs. Ces trois causes sont connues, documentées, et pourtant régulièrement sous-estimées au moment de planifier.
Le périmètre : commencer petit n'est pas manquer d'ambition
Le réflexe est de tout déployer d'un coup, pour ne faire qu'une conduite du changement. En pratique, un déploiement complet mobilise toutes les équipes en même temps, sur des sujets qu'elles ne maîtrisent pas encore, et le moindre retard sur un module bloque l'ensemble.
Démarrer par un ou deux modules à gain immédiat, le plus souvent les congés et les notes de frais, produit un effet différent : les collaborateurs constatent un bénéfice dès les premières semaines, et le projet gagne le crédit nécessaire pour la suite.
La reprise des données : le poste le plus sous-estimé
Personne n'aime le dire, mais la qualité des données existantes est presque toujours inférieure à ce que l'on croit. Des adresses périmées, des soldes de congés reconstitués, des contrats manquants, des doublons. Reprendre ces données telles quelles revient à installer un outil neuf sur des fondations fausses.
La reprise est donc l'occasion d'un nettoyage, et il vaut mieux le budgéter que le découvrir. Certaines données s'importent en masse, comme les conventions collectives depuis un fichier Excel. D'autres demandent un arbitrage : que fait-on des dossiers incomplets, jusqu'où remonte-t-on dans l'historique.
L'adhésion : le paramétrage se décide avec ceux qui l'utiliseront
Un circuit de validation conçu en salle de réunion sans les managers concernés sera contourné dans le mois. Un questionnaire d'entretien écrit sans les RH de terrain ne sera pas rempli. L'adhésion ne se décrète pas en formation finale, elle se construit pendant le paramétrage.
C'est aussi pour cela qu'un outil paramétrable en autonomie change la dynamique : quand un ajustement demandé par une équipe prend une heure au lieu d'un ticket et de trois semaines, les remontées continuent au lieu de s'arrêter.
Après le démarrage
Un projet SIRH ne se termine pas à la mise en production. Les premiers mois révèlent des cas non prévus, des règles particulières, des besoins d'indicateurs. Prévoir un temps d'ajustement au calendrier évite de traiter ces remontées comme des incidents.
Voir aussi comment se passe la mise en oeuvre et l'accompagnement.
Ce qu'il faut retenir
- Les projets SIRH échouent sur le périmètre, la reprise et l'adhésion, rarement sur la technique.
- Démarrer par un ou deux modules à gain immédiat donne au projet le crédit pour la suite.
- La qualité des données existantes est presque toujours inférieure à ce que l'on croit.
- Le paramétrage se décide avec ceux qui l'utiliseront, pas en salle de réunion.
- Prévoyez un temps d'ajustement après la mise en production, il sera utilisé.
Nicoka SIRH est éditée et hébergée en France. Pour aller plus loin : construire son cahier des charges, la mise en oeuvre, le support.